Les sorcières de Pendle – Avis lecture

Halloween approche à grands pas… quoi de plus approprié que de vous proposer un avis lecture sur un roman traitant de… sorcellerie? Publié chez Pocket en 2021, ce roman de Stacey Halls traduit par Fabienne Gondrand nous emmène en Angleterre en 1612. Nous sommes dans le comté de Lancanshire, à Pendle. Ce roman fait la part belle au procès des “Sorcières de Pendle”, procès sur lequel je reviendrai un peu plus tard dans cette chronique. Si Stacey Halls appuie son œuvre sur l’Histoire, l’auteure nous fait toutefois suivre la destinée de Fleetwood Shuttleworth, châtelaine à Gawthorpe Hall. La jeune femme de dix-sept ans tente désespérément de donner un héritier à son époux. Trois précédentes fausses couches lui font craindre la perte de ce quatrième enfant à naître…

Fleetwood en vient à craindre pour sa vie et celle de son bébé, son corps étant fortement affaibli par ses grossesses successives. Lorsqu’elle croise la route d’Alice Gray, sage-femme de la région, elle voit en elle son seul espoir pour la survie de son enfant. La jeune Gray détient une vaste connaissance des plantes et remèdes naturels de sa mère, qui fut elle aussi sage-femme. Alice et Fleetwood se lient d’amitié alors que la grossesse de la jeune aristocrate semble se présenter sous de meilleurs auspices. Toutefois, l’affaire des sorcières de Pendle viendra bouleverser la vie des deux jeunes femmes alors qu’Alice se voit accusée de fait de sorcellerie aux côtés de onze autres individus. Tandis que la guérisseuse est enfermée au château de Lancaster dans l’attente de son procès, Fleetwood mettra tout en œuvre pour sauver son amie de la pendaison…

Basé sur des faits réels, le roman de Stacey Halls est merveilleusement bien documenté et nous plonge dans l’atmosphère anglaise du 17e siècle. Pétries de superstitions, les contrées reculées du Lancashire condamneront dix des douze accusés ; l’une mourra avant son jugement en détention, et seule une sera épargnée…

Si j’ai énormément apprécié l’atmosphère et l’écriture de ce livre, certains détails me laissent toutefois sur ma faim. J’aurais en effet aimé en apprendre plus sur le procès en lui-même – ce dernier, extrêmement bien documenté à l’époque des faits, a permis à l’Histoire de retracer avec nombre de détails sa procédure – ainsi que sur les pratiques de ces guérisseuses et femmes sages pointées du doigt. Dans le cas présent, le roman se focalise plus particulièrement sur Fleetwood Shuttleworth, délaissant à mon plus grand regret le personnage d’Alice qui reste finalement assez absent de l’intrigue. Certains passages traînent à mon sens un peu en longueur, sans pour autant apporter de nouveaux éléments à l’histoire principale.

Malgré tout, le roman dénonce la condition de la femme de l’époque, bien souvent réduite à son potentiel créateur et aux risques encourus en cas d’échec de sa part ; il souligne également la peur de l’inconnu, de l’altérité et de ces femmes emplies de connaissances incomprises et par conséquent redoutées – même si, il est vrai certaines “sorcières” auront bel et bien recourt à de terribles pratiques en leur temps.

Ma lecture a toutefois eu le mérite de me distraire, et de me plonger dans une ambiance mélancolique et mystérieuse, tout à fait de circonstance pour cette période de l’année !

Si vous désirez en savoir plus sur le procès des sorcières de Pendle, je vous invite à découvrir le site suivant : https://www.historic-uk.com/CultureUK/The-Pendle-Witches/

Crédits photographiques:
https://www.visitlancashire.com/
https://www.historic-uk.com/

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